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Interview

Des histoires qui nous inspirent de gens qui à un certain moment ont choisi São Paulo comme leur ville. Des brésiliens et des étrangers qui se sont lancés dans ce grand monde et qui nous montrent que vivre de nouvelles expériences est toujours quelque chose d’incroyable.

Chantal Maguin

Nous avons parlé à Chantal Maguin, franco-libanaise qui habite à São Paulo il y a quatre ans. Ici au Brésil elle est devenue mère et lors de la première grossesse elle a découvert petit à petit tous les enjeux que les amies ne racontent jamais! À part les craintes typiques de quasiment toutes les femmes enceinte, elle a dû en plus faire face aux différences culturelles qui ont avoir avec la maternité. Tout ça a été documenté dans un journal intime, qu’elle a décidé de transformer en livre, sorti en juin 2018, où elle raconte de façon amusante les dessous de la grossesse!

Chantal et son livre | Photo: Chantal Maguin

D’où je viens…

Je viens d’un passé multiculturel, ce qui a sûrement beaucoup influencé mon présent encore plus multiculturel. Je suis franco-libanaise, je suis née à Beyrouth, au Liban, toute ma famille est de là-bas, mais encore enfant je suis partie avec mes parents et mon frère habiter en France, à Strasbourg. J’y ai habité jusqu’au moment de commencer ma fac, lorsque j’ai déménagé pour Paris, où j’ai fait mes études en SciencePo. C’est là que j’ai connu Hubert, mon mari.

Je me suis spécialisée en stratégie financière et pendant cinq ans j’ai travaillé dans un consultant de gestion de business. C’était une vie folle, je voyageais trop, ce n’était pas facile…. Mais en même temps c’était un grand défi, une expérience professionnelle très riche. Enfin, c’était bien, mais en même temps ça me consommait. Mon mari avait un style de vie très similaire et nous avons décidé ensemble qu’il était temps de changer. Vivre dans un autre pays était notre plan, et le Brésil nous a toujours enchanté. Mais nous n’avions jamais mis le pied au Brésil et notre vision du pays était cette image très romantique: des scènes paradisiaques, ces trucs de films! On ne parlait ni un mot de portugais, mais on a décidé qu’on devait vivre ici. Nous avons donc commencé à rechercher plus sur le pays et à chercher du travail. On a eu de la chance parce que ça s’est passé en 2014, année de la Coupe du Monde au Brésil et quelques années avant les JO de Rio, alors tout le monde regardait vers le Brésil. En peu de temps mon mari a trouvé un boulot, j’ai démissionné, et on est allés! Quelques mois après être arrivés a São Paulo j’ai trouvé un travail, avant même de parler portugais.

Le pays n’était pas du tout comme dans nos rêves, mais cette vision romantique qu’on avait n’était pas si fausse! Le Brésil est merveilleux, chaque région a des beautés uniques, et les brésiliens sont extrêmement accueillants et sympathiques, il est difficile de ne pas tomber amoureux. La culture brésilienne est richissime, j’adore tout spécialement la musique et la danse brésilienne.


Qui suis-je aujourd’hui…

On est arrivés ici en 2014, et maintenant, quatre ans plus tard, je suis mère de deux brésiliennes et j’ai publié un livre sur la grossesse. Si je l’imaginais? Jamais! Dès que je suis tombée enceinte d’Inès, deux ans après être arrivés au Brésil, de nouveaux défis sont apparus et je ne peux pas dire que cela a été facile. La première grossesse est un défi pour toutes les femmes, et être enceinte dans un pays où l’on ne domine pas tout à fait la culture, spécifiquement les habitudes en relation à la grossesse, ça a été dur. Tous les milliers de détails sur les Assurances Santé à comprendre, pourquoi choisir un hôpital ou l’autre, je peux choisir quel type d’accouchement je veux?? Oh, ça n’existe pas en France! Et je suis tombée enceinte à l'apogée de l’épidémie de Zica, c’est à dire, ça a vraiment été effrayant!

Depuis notre arrivée à São Paulo j’envoyais des mails tous les mois à la famille et aux amis en racontant notre vie brésilienne, toujours de façon amusante et sans cacher les dessous de l’histoire. Et cette découverte quotidienne des enjeux et des craintes de la grossesse m’a motivé à écrire encore plus. Après la naissance d’Inès et mon adaptation à la routine de mère, j’ai commencé à avoir du temps libre pendant mon congé maternité, et c’est là que m’est venue l’envie de transformer ces mails en livre. Je pensais: comment personne ne m’avais dit que ce serait comme ça?? Puis ce que personne ne m’a raconté, je vais raconter aux futures mamans ce que j’aurais aimé qu’on me raconte! Mon mari a adoré l’idée, et je me suis mise à fond dans ce projet. J’ai mis un an à terminer d’écrire et après est venue la quête d’une maison d’édition. Six mois sont passés entre les recherches, des tones de mails, des réponses négatives, d’autres positives. Et alors, après avoir finalement trouvé une maison d’édition, voilà encore six mois de révision des textes. Je n’en pouvais plus de relire et réécrire, épuisant! Lors de ces mois j’ai aussi pris en charge la couverture du livre, j’ai choisi une artiste brésilienne que je connaissais déjà, Elen Peres, et elle a fait la couverture parfaite. Finalement, deux ans après cette idée folle, en juin 2018 voilà mon troisième bébé: mon livre! Parce qu’au milieu du chemin, Bruna est née! Et, encore une fois, mon congé maternité a été voué au livre. La maison d’édition se charge de la sortie et de la communication du livre dans plusieurs pays francophones, et moi, j’ai assumé cette responsabilité au Brésil et au Liban.

Et quelle joie et émotion de voir la fierté de la famille et des amis avec mon livre dans les mains, j’ai reçu des réponses merveilleuses de tous. C’était super.

Qui suis-je aujourd’hui? Entre tellement d’autres choses, je suis écrivain et mère! Des expériences merveilleuses que le Brésil m’a donné.


Vers où je vais…

Maintenant ce que je veux le plus c’est de profiter de ce moment de la sortie du livre, sentir la fierté de réaliser ce projet, et profiter au maximum de la fin de mon deuxième congé maternité, qui termine en octobre de cette année (2018).

Inès, qui aujourd’hui a deux ans, et Bruna, qui a 5 mois, sont notre éternelle relation avec le Brésil. Elles sont brésiliennes et nous voulons vraiment qu’elles se sentent brésiliennes. Mais pas seulement, elles sont aussi françaises et libanaises. On parle portugais, français et arabe avec elles, on leur montre les habitudes de ces pays, on veut qu’elles se sentent appartenantes et à l’aise avec ces trois cultures. Et c’est pour ça qu’Hubert et moi, on pense demander la nationalité brésilienne. On s’identifie beaucoup avec ce pays et il nous semble totalement naturel d’être brésiliens comme nos filles.


À Sampa je…

J’adore cette ville! São Paulo est une ville extrêmement cosmopolite, culturellement riche, tout a lieu ici. On découvre tous les jours quelque chose de nouveau, c’est une ville dynamique, pleine de vie. Avant d’avoir les filles, on profitait beaucoup de la vie nocturne de São Paulo, mais maintenant c’est un peu plus difficile. Et il n’y a pas manière de ne pas faire une relation entre São Paulo et son incroyable gastronomie, cette ville ne manque pas de restaus! Un restaurant où on aime beaucoup aller c’est Capim Santo, de cuisine brésilienne, délicieux. Il y a un beau jardin, parfait pour y aller avec les enfants.

Mais, bien sûr que la ville n’est pas parfaite, vivre à São Paulo dépend beaucoup du quartier où l’on habite. Ça me manque de pouvoir marcher plus, faire des trucs à pied. Dans le quartier où j’habite je dépend beaucoup de la voiture. Et les trottoirs ici sont horribles! Marcher avec la poussette c’est terrible! Mais la ville parfaite n’existe pas, n’est-ce-pas? Ici, nous sommes très heureux!


Interview réaliséé en août 2018 au Diario Café


Où trouver le livre de Chantal?

« Les dessous de la grossesse : Vous auriez pu me le dire ! » Editions La Boîte à Pandore


Vous pouvez le trouver dans tous les points de vente de la Librairie Française, et aussi sur le site.


Ne ratez aucune nouveauté du livre sur sa page Facebook.

Chica Boyriven

Chica Boyriven, Vernissage "Terra a vista" | Photo: Francisco Santiago Fotografia

Celle-ci est l'histoire de l'artiste Chica Boyriven, née à São Paulo et qui vit actuellement en France : son origine est marquée par la vie entre deux continents, deux pays et deux cultures!

 

D’où je viens…

Née à São Paulo, fille de parents français, qui, comme beaucoup d'Européens sont venus encore jeunes s’installer dans ce pays tropical appelé Brésil, j'ai passé mon enfance sur les plages d’Ubatuba avec mes sœurs, en contact avec la nature, la mer et la beauté de cette côte. Malgré la distance du pays de mes ancêtres, la culture française et ses coutumes furent bien présents dans ma vie quotidienne. J´ai décidé de prendre, alors, le chemin inverse: à 19 ans je suis allée m´aventurer vers le vieux continent pour vivre ma passion: l'art. À Paris, où j´ai étudié à l'École Supérieure des Beaux Arts, j´ai commencé à faire mes premiers pas dans la carrière artistique.

La nostalgie du Brésil était grande et j´ai souvent eu envie de rentrer, mais doucement le désir de repartir au Brésil s’estompait car mon travail auprès des galeries françaises s’affirmait. Cette nostalgie s’est transformée en source d'inspiration et plus je développe mon langage artistique, plus je parle du Brésil: la nature, la présence africaine, la peinture naïve, les couleurs, les graphismes indigènes. Cette effervescence de la culture brésilienne compose, entre autre, mon expression artistique.

 

Qui suis-je aujourd’hui…

Aujourd’hui, après 30 ans de travail et une carrière consolidée en France, exposer mon travail, ma passion, au Brésil en 2017 fut une étape importante dans ma vie artistique. L'exposition «Terra à Vista», qui a présenté quelques-unes de mes gravures à la ABER, à São Paulo, a aussi présenté un petit morceau de mon histoire, mêlant poésie et réalisme, différentes techniques, dessin , gravure, batik, et thèmes imprégnés de mon essence brésilienne.

 

Vers où je vais…

Le désir de vivre au Brésil est toujours présent, mais pour l'instant, il est comme cette terre lointaine, presque à vue, ma grande source d'inspiration! Dès que je peux fuir l'hiver européen, je viens me revigorer sur les plages brésiliennes, profiter de la nature, la famille, boire des « caipirinhas » et me laisser aller par la spontanéité des Brésiliens. Le Brésil a une légèreté, une nature douce qui est unique et ennivrante.

Paris, la Ville Lumière, c’est toujours là où je reviens! Je me sens libre quand je me promène à vélo dans ses rues, je visite ses musées et ses galeries, et je présente mon art. Cette ville multiculturelle qui m'a accueilli, m´enchante tous les jours. Mais, même enchantée et heureuse, parfois je sens qu'il manque quelque chose... probablement le petit côté « désordre » du Brésil!

 

Interview réalisée en fevrier 2018 pendant Vernissage de Chica, à São Paulo.

Janaína Suaudeau

Janaína Suaudeau | Photo: Dam' Photography

Quand elle était enfant, sa mère l’a inscrite par hasard à un atelier de théâtre, quelques années plus tard, Janaína Suaudeau a découvert que jouer était ce qu’elle voulait faire pour toujours. Aujourd’hui elle est comédienne professionnelle, professeur, productrice et directrice de théâtre et son histoire nous montre un peu comme il est difficile et enthousiasmant de vivre pour et a travers l’art.

 

D’où je viens…

Mes racines sont implantées dans deux pays : le Brésil et la France. Mon père est français et ma mère brésilienne du Piauí (nord-est du pays). Je suis née à Rio de Janeiro et à 7 ans je suis venue habiter à São Paulo et j’y suis restée longtemps. Je suis donc moitié française, moitié du Piauí, moitié de Rio, moitié de São Paulo, c’est-à-dire, une typique brésilienne ! Mais, ce qui a déterminé ma vie et m’a fait être ce que je suis aujourd’hui, c’est le théâtre. J’ai découvert mon amour pour la scène à 9 ans, quand ma mère a décidé de nous inscrire, mon frère et moi, à un atelier de théâtre. Cela a été très impactant pour moi et, peu de temps après, j’étais déjà certaine de l’une des choses les plus importantes de ma vie : jouer est quelque chose que je ferais pour toujours. J’ai étudié le théâtre quelques années à la Casa do Teatro, une école pour jeunes, et en 1999, j’avais alors 15 ans, j’ai commencé un cours technique de l’école Célia Helena. J’ai passé pas mal de nuits blanches pour pouvoir suivre le lycée et le théâtre, mais j’aimais tellement jouer que tout l’effort en valait la peine. Le premier rôle professionnel de ma carrière a été inoubliable, lors de ma pièce de conclusion de l’école Célia Helena : un garçon aveugle et strabique, dans un spectacle qui était une adaptation du roman Aveuglement de José Saramago, mis-en-scène par Marco Antônio Rodrigues. Nous avons joué pendant deux mois au Théâtre Maria Della Costa. J’ai dû faire beaucoup d’exercices de vue, avant, pendant et après la pièce pour ne pas devenir strabique pour de bon, pour ne pas avoir des douleurs ou avoir des malaises, une folie.

En 2002, après recevoir mon diplôme au Brésil, je suis partie continuer mes études en France et j’y suis restée 10 ans vivant de théâtre et par le théâtre. J’ai fait les Cours Florent à Paris, une école technique qui m’a préparé aux concours d’entrée au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris. En 2004 j’y ai été admise et là-bas je respirais du théâtre de lundi à dimanche, 24 heures par jour. J’ai découvert que jusque là je vivais tranquillement et je ne le savais pas ! Après avoir terminer mes études j’ai intégré pendant quelques années le Jeune Théâtre National, ce qui m’a permis de vivre les joies d’être en tournée dans plusieurs villes et de jouer pour différents publics. Au long de mon séjour en France j’ai joué dans cinq pièces professionnelles présentées dans plusieurs villes du pays, et j’ai même eu le temps de participer au tournage d’un long-métrage au Canada. Une superbe expérience, mais qui m’a aidé a renforcé ce que je savais déjà depuis l’âge de 9 ans : ce que j’aime vraiment c’est la scène.

 

Qui suis-je aujourd’hui…

Quand je regarde en arrière je suis sûre que, oui, cela a vraiment valu le coup de suivre mon rêve d’enfant et de me donner de corps et âme au théâtre. Cela a été (et ça l’est toujours) un long et dur chemin, mais ça ne pourrait pas être différent. Aujourd’hui, en dehors d’être comédienne, je suis aussi productrice de théâtre et metteur-en-scène. Avec Nicole Cordery, une amie et actrice que j’ai connue en France, nous avons créé le projet de la pièce Strindbergman, qui réunissait des œuvres de Strindberg et de Bergman. Cette pièce a été mise-en-scène par Marie Dupleix de la Cie Les Mistons, et Nicole et moi nous y jouions. Nous avons joué en France en 2009 et nous avons pu tourner au Brésil, grâce à un crowdfunding. Nous avons fait deux saisons à São Paulo, l’une d’entre elles par invitation du Sesc ; et une à Rio de Janeiro. À São Paulo nous avons eu une excellente réception du public, de bonnes critiques, c’était super de voir la reconnaissance de notre travail. Juste après la dernière saison, en 2012, j’ai commencé la production de On ne badine pas avec l’amour,  une pièce d’Alfred de Musset, mise-en-scène par Anne Kessler (de la Comédie Française), et, cette même année, j’ai commencé à penser à ce qui serait mon premier projet en tant que metteur-en-scène: Clôture de l’Amour du dramaturge français Pascal Rambert. La pièce a été jouée en 2016 et a fait deux saisons à São Paulo, cela a été très intense et incroyable. Et parmi tous ces projets, j’ai pu encore jouer dans Un poème Scénique pour Ferreira Gular, un spectacle plus performatif, très différent de tout ce que j’avais fait auparavant. Le projet à été crée par la comédienne et metteur-en-scène Ana Nero, et comptais aussi avec la participation des actrices Joana Dória et Samya Enes. Nous avons présenté cette pièce personnellement à Ferreira Gular – ça a été émouvant ! – et on a participé à un événement spécialement organisé en son hommage au Sesc Ginástico, à Rio.

Em 2016 j’ai commencé à donner des cours, j’organise quelques ateliers de théâtre au Lycée Pasteur, et en ce moment je travaille aussi comme assistante de mise-en-scène de Ligia Cortez, dans une pièce de conclusion de la Faculté de Théâtre Célia Helena.

 

Vers où je vais…

Actuellement je fais la pré-production d’une nouvelle pièce française contemporaine, qui va être mise-en-scène par Nelson Baskerville, et je compte continuer mon travail dans la mise-en-scène, j’ai déjà quelques idées et j’espère bientôt pouvoir donner vie à ce projet.

Vivre du théâtre n’est pas facile, on est tout le temps en train de créer, de découvrir, de nous réinventer, c’est une lutte de tous les jours pour accéder aux subventions et aides, on doit vraiment être amoureux de cet art pour faire face à cette routine, surtout au Brésil.

 

À Sampa je…

J’ai une relation d’amour-haine avec cette ville! Elle me nourrit culturellement, il y a toujours beaucoup de choses qui ont lieu ici, des pièces, des concerts, des expos, des festivals de cinéma, il est même difficile de choisir. Mais en même temps, je me rends compte qu’il manque encore beaucoup d’infrastructure aux artistes et techniciens, et un accès plus grand au public, et cela m’attriste. La richesse culturelle de Sampa n’est pas profitée, cette ville est étincelante de culture mais il manque de l’aide du pouvoir public pour que les projets culturels se développent et puissent continuer.

Un endroit de la ville que j’aime beaucoup c’est le Cemitério de Automóveis, un théâtre et bar qui ressemble à São Paulo. Là-bas il y a lieu des pièces de théâtre, des projections de films, des expos, vous pouvez y aller juste pour écouter de la bonne musique, un endroit qui fait vraiment penser à ce bouillonnement culturel un peu fou de la ville.

 

Interview réalisée en novembre 2017, dans le bureau de manacá 

Maria Ignez Mena Barreto

Maria Ignez Mena Barreto

Maria Ignez, ou Nesa, comme ses amis l’appellent amicalement, est sortie d’une ferme en province de Santa Maria, dans le sud du Brésil, en direction du monde! Depuis petite elle était fascinée par la culture française, et elle a fini par habiter en France pendant 27 ans. De retour au Brésil avec un doctorat et un post-doctorat en littérature française, maintenant elle enseigne l’histoire de l’art en français et en portugais, tout en unissant ses grandes passions: enseigner, parler le français et parler sur l’art.

 

D’où je viens...

J’ai déjà habité dans beaucoup de lieux et chacun m’a un peu transformée. Je suis née à Porto Alegre, mais encore bébé j’ai déménagé avec ma famille dans une ferme dans la Province de Santa maria, qui est une ville de l’état de Rio Grande do Sul, dans le sud du Brésil. Je ne serais pas celle que je suis aujourd’hui, sans la liberté que j’ai eue au long de mon enfance. Mes parents m’ont élevée en pleine nature, en montant sur les arbres, en jouant avec la terre et ils ont toujours valorisé le contact avec différentes cultures. Jusqu’à aujourd’hui ces premières années de vie font partie de mon essence en tant que personne et ont été fondamentaux pour que je me sente à l’aise pour explorer le monde. À 17 ans j’ai été choisie pour un échange d’un an en Hollande... sans parler le hollandais! Ça a été extra! Et j’ai pu prendre beaucoup de cours en français, langue par laquelle j’étais déjà passionnée: pendant toute mon adolescence à Porto Alegre j’ai passé mon temps libre à apprendre le français à l’Alliance Française.

En 1983 j’ai été admise à la fac de Lettres de la USP (Université de São Paulo) et je me suis lancée dans un nouveau déménagement: habiter à São Paulo. Pendant que j’étudiais, j’ai donné des cours particuliers de français et aussi à l’Alliance Française, j’étais toujours en contact avec la littérature et la culture française, et pour cette raison que je suis partie habiter en France, c’était quelque chose dont j’avais besoin. En 1987 j’ai reçu une bourse pour faire un doctorat à Paris, et j’y suis restée pendant 27 ans! Je me suis mariée, j’ai eu des enfants, je me suis séparée, j’ai enseigné de français et l’analyse d’images, et je me suis spécialisée dans l’analyse codicologique du papier, ce qui représente une étude sur comment et quand un texte a été écrit. Au long de cette période j’ai eu la chance de fréquenter longtemps l’Institut de France afin de faire mes recherches, et une partie de mes souvenirs les plus beaux de France me font penser à cet endroit merveilleux.

 

Qui suis-je aujourd’hui...

Habiter en France a été une des expériences les plus belles de ma vie. Je dis toujours que la France m’a choisie depuis petite, alors y passer toutes ces années a été essentiel pour faire de moi ce que je suis aujourd’hui. Mais, malgré adorer ce pays et sa culture, les relations humaines que j’avais au Brésil me manquaient beaucoup, ainsi que ma famille, mes amis, et la sympathie des brésiliens et cette légèreté dans la façon de vivre qui n’existe qu’ici. En 2014 j’ai décidé de rentrer à São Paulo, et ce que je voulais le plus, et ce que je veux encore, c’est de transmettre toutes ses connaissances que j’ai accumulé au long de mes années en France. J’ai donc créé l’Art en Français, un cours qui rassemble mes grandes passions: enseigner, parler le français et parler sur l’art! En différents modules et niveaux, les cours sont faits en français et couvrent toujours des thèmes en relation avec l’histoire de l’art, qui sont étudiés surtout à partir d’analyse des images. L’histoire de l’humanité est pleine d’images, elles dialoguent avec le temps, elles traversent le temps. Voilà un thème très riche et j’ai eu un excellent retour des élèves. Faire ces cours me permet d’avoir à nouveau le contact avec cette chaleur humaine brésilienne qui m’a tellement manqué.

 

Vers où je vais...

Beaucoup de gens me demandaient aussi d’organiser des cours en portugais, alors récemment j’ai créé le cours Art en Portugais, dans cette langue. Une nouvelle expérience pour moi, puis ce qu’enseigner en français a toujours été naturel, mais en portugais, c’était du nouveau! Je reçois aussi des demandes de cours personnalisés, dans différents endroits et pour différents publics. Petit à petit je me redécouvre au Brésil et je me réinvente. Je ne sais pas vers où je vais, mais je sais maintenant que je veux continuer ici, chez moi, et vivre intensément les relations humaines, cultiver les amitiés, être auprès de ceux que j’aime. Pour moi enseigner c’est quelque chose d’extremement gratifiant, je ne m’imagine pas faire autre chose. Je crois beaucoup dans l’idée que l’on ne sait vraiment que ce que l’on enseigne, de la même façon que l’on ne possède que ce que l’on donne.

 

À Sampa je...

Quand j’ai décidé de rentrer au brésil je n’ai eu aucun doute: je vais rentrer à São Paulo. Dans cette ville je me sens chez moi. J’ai vécu des années merveilleuses à la USP, j’y ai connu des gens incroyables, j’ai fait de grands amis. Ainsi comme la France m’a choisie, j’ai choisi São Paulo, ici les gens veulent apprendre avec la différence, les gens n’ont pas peur du différent. Au contraire de ce que l’on dit, il est facile de faire des amis à São Paulo. Si vous vous donnez à São Paulo, Sampa vous rétribuera toujours!

 

Interview réalisée en septembre 2017, dans la boulangerie Fabrique

 

Allez connaître le cours Art en Français et Arte en Portugais:

Cours d’histoire de l’art réalisés par Maria Ignez Mena Barreto, en français et en portugais. | www.arteemfrances.com

 

Contacts:

arteemfrances@gmail.com | (11) 967772702

Regina Naegeli

Regina et ses amies chinoises

Regina Naegeli est une carioca franco-brésilienne qui habite à Shangai il y a deux ans, mais qui vit en Chine depuis déjà 10 ans. Ses parents l’ont élevée pour le monde et elle porte ces leçons très au sérieux! Elle est en train d’écrire son deuxième livre et étudie le Ikebana, l’art japonais d’arranger des fleurs.

 

D’où je viens...

Je suis venue de Rio de Janeiro. J’ai grandit à Ipanema, mais avec un pied en Europe, puis ce que mon père était descendant de belges et suisses. Depuis très tôt mes parents m’ont encouragé à voyager et connaître le monde et mon parcours de trotteuse à commencé à l’époque de la fac, quand je suis allée habiter quelques années aux États-Unis. Je me suis diplômée en Lettres et Marketing, j’ai travaillé dans des journaux et dans des agences de publicité, et après une période à São Paulo je suis partie avec ma famille habiter trois ans en France… qui se sont transformés en 18 ans hors du Brésil ! De la France j’ai suivi vers la Chine et j’ai découvert la richesse de la culture asiatique. Ses apprentissages ont transformé pour toujours ma façon de voir et de vivre le monde.

 

Qui suis-je aujourd’hui...

Aujourd’hui je suis à la fois trois Reginas: Regina la brésilienne, qui adore se promener sur a plage de Ipanema le matin; Regina la française, qui est passionnée de fromages; et Regina la chinoise, qui mange tous les jours avec des hashi (les baguettes japonaises)! Mais c’est sûr que je ne peux pas être à la fois ces trois personnes. Elles sont toutes là, mais chacune a sont moment. Vivre à l’étranger signifie absorber différentes cultures, qui ne sont pas toujours superposables. J’ai appris à m’attacher à ce qui existe de mieux dans chacune d’entre elles afin de vivre un présent multiculturel ! Mes allées et venues par le monde ont été une conséquence du travail de mon mari, et dans ce sens j’ai dû apprendre à faire avec la frustration d’abandonner ma carrière professionnelle. Cela n’a pas été, simple et ne l’est toujours pas, mais la vie est faite de choix. J’aurais difficilement découvert la richesse de la culture asiatique ni publié mon livre à propos de mon expérience en Chine si j’avais suivis un autre chemin dans ma vie. Aujourd’hui je suis ce que je n’avais jamais imaginé être : écrivain !  

 

Où je vais...

Ce que je veux le plus c’est d’être bientôt plus proche de ma famille. Il y a déjà presque 20 ans que j’habite loin et avec les années qui passent, même si l’on s’habitue à la distance, la saudade augmente. Nous sommes sûrs de peu de choses dans la vie, mais il y a une chose que je sais bien: après la Chine j’irais là où mes filles seront ! Soit au Brésil ou n’importe quel autre petit coin du monde!

 

À Sampa je...

Me sens chez moi. Mon âme est carioca, mais mon cœur est un peu de São Paulo.  J’ai toujours eu de la famille et des amis dans la ville, alors aller à São Paulo me rapproche de personnes que j’aime beaucoup, de rencontres pleines de joie. J’ai déjà eu une histoire à Sampa et je reviendrais facilement à habiter dans cette ville. Ce que j’aime le plus ici c’est qu’on a constamment l’impression qu’à São Paulo tout est possible, c’est vraiment la terre des opportunités! Sans parler de la gastronomie... qui mérite bien un chapitre à part!

 

(Malheureusement le livre de Regina "Destino China – Um guia do estrangeiro na China: sentimentos, vivências e impressões", est actuelement épuisé)

 

Interview réalisée par Skype en mars 2017, nous à São Paulo, Regina à Shanghai

Patrice Haddad

Patrice Haddad

Patrice Haddad est français, comédien et professeur de théâtre, et depuis 2015 il réside à São Paulo, où il a créé la troupe de théâtre “Les François” et le cours de théâtre  “Le cours François”.

Il nous a fait découvrir le  “ban bourguignon”, un chant populaire de la région de Bourgogne, en France, qui est de la pure diversion! Il mérite un google!


D’où je viens...

C’est à Dijon, en Bourgogne, que se trouvent mes racines. De là, je garde mon goût pour la cuisine française, pour la moutarde piquante et pour les bons vins. Par ailleurs, le théâtre et la comédie sont mes grandes passions. C’est au théâtre que j’ai découvert ma vocation pour enseigner et amuser les gens. La Marine Nationale Française a été ma maison durant 10 ans, et là aussi, j’ai amené le théâtre. Grâce à lui, j’ai pu soutenir mes collègues dans les moments difficiles, ma devise était: “Amuser pour mieux servir".


Qui suis-je aujourd’hui...

J’ai eu un contact plus rapproché avec le Brésil en 2004 quand j’ai connu la capoeira. Et depuis lors, je ne l’ai plus jamais abandonné. Son jeu et son art de vivre sont aujourd’hui une partie fondamentale de mon existence comme personne et comme artiste. Et pour cette raison, avoir la chance d’habiter au Brésil fut très significatif pour moi. En 2015, moi et mon épouse sommes arrivés à São Paulo et avons découvert combien cette ville est inspiratrice de  multiples manières: elle transpire l’art, la créativité et l’entrepreneuriat de tous les côtés. Ici, j’ai appris à être plus courageux et dynamique dans les choix de la vie. J’ai créé la troupe de théâtre “Les François”, qui est composée de comédiens incroyables, français, brésiliens et africains, tous volontaires. Et je me suis lancé comme professeur de théâtre: j’ai créé l’école     “Le Cours François”, où je donne cours en français d’improvisation, de théâtre et de Stand-Up Comedy. Les beautés et les tristesses du Brésil m’ont apporté elles aussi beaucoup d’inspiration pour dessiner, et chaque jour qui passe, ce sont toujours plus de caricatures! Mais, sans doute, aujourd’hui, ce dont je suis le plus fier, c’est d’être le père d’un petit franco-brésilien.


Où je vais...

Comme marin, ma mission était servir la France. Maintenant, comme comédien, ma mission c’est appuyer la francophonie. Le contact avec les Brésiliens m’a fait aimer encore davantage la culture française. Je trouve que beaucoup de Français n’ont pas la passion que le brésilien ressent pour la France! Je me sens honoré de pouvoir montrer un peu de la culture de mon pays à travers le théâtre et le dessin, c’est ce que j’ai l’intention de faire pendant de nombreuses années. Et, si tout va bien, bientôt la troupe “Les François” va présenter son premier spectacle!


À Sampa je...

J’ai découvert l’expression “de repente”(soudain) et ma vie ne fut plus jamais la même! 

Je m’amuse en me promenant sur les places: à la Place João Francisco Lisboa, à la Vila Madalena, j’ai beaucoup rigolé sur la balançoire après avoir bu quelques caipirinhas avec les amis; sur la Place Benedito Calixto, à Pinheiros, je m‘enchante pour l’Espace Culturel Alberico Rodrigues; et sur la Place Roosevelt, dans la Consolação, j’assiste à d’incroyables pièces de théâtre.


Interview réaliséé en janvier 2017 au KOF


Cours de théâtre  “Le cours François”:

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E-mail: plarcheveque@hotmail.com

Telephone: (11) 98429 0928